Chaque pensée, aussi insignifiante possible, aussi furtive soit-elle, est une petite tempête électrique qui parcourt notre cortex. On ne peut pas la voir, on ne peut l’observer. Mais son pouvoir est infini ! Ce sont nos pensées qui construisent notre vision du monde ; ce sont bien elles qui font émerger nos émotions, et qui transforment le « réel » qui nous entoure, en notre propre réalité, dans notre esprit.

Nombre d’articles aux noms bien aguicheurs nous proposent d’améliorer le pouvoir de notre esprit, pour devenir plus intelligents, au travers d’une ligne éditoriale plus ésotérique que scientifique. C’est oublier que les Neuroscience nous permettent déjà de répondre à de nombreuses questions, nous permettant de mieux connaître les mécanismes qui dirigent le fonctionnement de notre cerveau.

Des notions comme la neurogenèse et la neuroplasticité nous ont déjà permis d’aller assez loin dans l’étude du cerveau de l’adulte, puisque nous pensions auparavant qu’il cessait de générer de nouvelles cellules nerveuses à partir d’un certain âge. Nos pensées sont des armes aux pouvoirs infinis, ce sont elles qui créent de nouveaux ponts. Ce sont encore elles qui génèrent de nouvelles connexions dans notre cerveau, nous permettant de bouleverser la carte de nos émotions et ainsi, au travers de nos comportements et nos actions, changer le fil de notre existence.

« Nous sommes le résultats de nos pensées » (Bouddha)

 

Notre pensée fabrique notre propre réalité

Grâce aux nouvelles techniques de diagnostic comme la tomographie informatisée, de grandes avancées ont pu être réalisées dans la compréhension du fonctionnement de notre cortex. Nous savons enfin comment sont générées les pensées.

Prenons un exemple : lorsque nous regardons un ballon de couleur rouge et que notre rétine capte cette caractéristique (rouge), l’information est envoyée sous forme électrique et chimique via des structures comme le noyau géniculé (corps genouillé) ou le cortex pré-strié.

 

“Nous naissons tous originaux, avant de devenir de fades copies. » (Stendhal)

 

Si nous fermons les yeux et que quelqu’un nous demande de penser à la couleur rouge, aussi étonnant que cela puisse paraître, notre cerveau va activer exactement les mêmes structures. C’est-à-dire qu’il effectue exactement les mêmes activités lorsqu’il voit et lorsqu’il ressent ou qu’il imagine. Cette information à peine croyable oblige toute la communauté scientifique, mais également chaque être humain, à se poser la même question : si pour le cerveau, il n’y a pas de différence entre ce que je dis et ce que je pense, entre ce que nous vivons ou ce que nous imaginons, alors où se trouve le réel, la vérité ?

C’est à ce moment précis que le champ relatif du concept de l’esprit quantique peut intervenir, mais nous allons laisser cette thématique de côté pour nous concentrer sur des choses plus utiles, plus concrètes. Notre réalité est formée par des choses aussi banales que puissantes : nos émotions, sur lesquelles nos pensées agissent comme de véritables catalyseurs. Pour mieux comprendre ce sujet, nous allons l’illustrer par des exemples issus de notre quotidien.

 

Qu’est-ce qu’une pensée ?

Une pensée est un messager chimique (donc une formule chimique déterminée) accompagné d’une impulsion électrique. Surprenant! Cette définition est aussi triste que fascinante ! A chaque fois que nous pensons, nos cellules nerveuses (neurones) transmettent au travers de nos connections (synapses), un message dont la formule biochimique est pré-déterminée.

  • Nous savons que les pensées sont génératrices d’émotions. Lorsqu’elles envoient un message à notre hippocampe, cet organe se charge de le traduire en une série de neuropeptides, à travers la glande pituitaire. Ces derniers sont ensuite libérés dans le sang et génèrent toute une série de réactions (ressentis émotionnels) dans notre organisme.
  • Peu à peu, la chose suivante peut se passer : si notre cerveau est habitué à recevoir un certain type d’émotions, il peut se mettre à créer des « patrons de pensée ». C’est exactement ce qu’il se passe avec le stress : nous sommes parfois tellement submergés dans une émotion donnée (la peur par exemple), que nous perdons le contrôle et que nous finissons par vivre dans une réalité dans laquelle nous avons bien du mal à nous identifier.

 

Quel type de réalité préférons-nous ?

Ce qu’il y a de rassurant, c’est qu’il ne s’agit en aucune façon d’être plus intelligents ou d’aspirer à améliorer notre quotient intellectuel,  mais simplement d’être capables de créer une réalité qui soit plus adaptée à nos vrais besoins, à nos caractéristiques de personnalité et à notre désir légitime et immuable d’être heureux.

Pour y parvenir, il nous faut être en conscience d’une chose : notre réalité est construite par notre cerveau, sous l’influence de notre état d’esprit, par le poids de nos souvenirs, de nos interprétations et de nos pensées.

Certaines personnes passent toute une vie dans un tunnel. Leur réalité est si étroite, leur mode de pensée est si restreint, si automatique, qu’elles sont incapables de voir toutes les choses merveilleuses que la vie peut leur offrir.

Nous devons apprendre à voir le monde en panoramique (avec tout ce que cela signifie en terme d’ouverture d’esprit et de curiosité) et en technicolor (avec tout ce que cela signifie en terme de nuancement et de relativité), nous devons croire en une réalité plus vaste.

Voici comment.

Nos pensées et la neurogenèse

La neurogenèse est notre capacité naturelle à générer de nouvelles cellules nerveuses. Si, en 1928, Santiago Ramon y Cajal affirmait que « tout peut mourir, rien ne peut se régénérer », cette phrase semble désormais fausse, si nous étudions de près les facultés de notre cerveau, ce grand architecte de notre réalité.

  • Il est important de considérer que le pire ennemi de notre cerveau est le stress. Il est capable, outre de nous faire perdre la clarté de notre esprit, de totalement modifier la structure interne de notre cerveau, de réduire la connectivité neuronale, ainsi que le volume de notre hippocampe.
  • Nous devons être de meilleurs gestionnaires de notre univers intérieur et garder à l’esprit que ce sont nos pensées qui sont à l’origine de tout. Quelques questions peuvent nous aider à mieux y parvenir. Comment ai-je envie de me sentir ? Est-ce que je me sens bien en ce moment ? Quelle émotion me traverse à cet instant ? Quelles sont les choses qui me préoccupent ? Que puis-je faire pour les résoudre ?
  • Un dialogue interne, ferme, courageux et optimiste peut nous aider à canaliser la plupart de nos pensées négatives.
  • Gardons à l’esprit que l’activité physique est une manière très efficace de favoriser la neurogenèse. En oxygénant notre cerveau et en augmentant notre production d’endorphines, nous allons pouvoir combattre le stress qui nous empêche de générer de nouvelles cellules nerveuses.
  • Nous pouvons également changer certaines de nos habitudes pour changer nos pensées. Rompre avec une certaine routine, oser nous lancer dans de nouveaux challenges, pratiquer de nouvelles disciplines ou rencontrer de nouvelles personnes stimulantes sont des comportements excellents pour notre cerveau et notre état d’esprit.

Enfin, nous n’oublions les effets fabuleux de la méditation sur le cerveau. Cette pratique permet d’harmoniser notre corps et notre esprit. Les effets sur notre monde émotionnel sont spectaculaires. Elle permet de produire davantage d’ondes Alfa et Gamma, qui génèrent une meilleure connectivité neuronale.

En tant qu’architectes de notre réalité, nous ne devons jamais oublier que les pensées neutres n’existent pas, qu’elles peuvent toutes créer quelque chose. C’est à nous de décider si nous souhaitons que leurs créations soient angoissantes, ou merveilleuses.


Et lorsque trop de pensées non aidantes tentent d’envahir notre esprit, soyons certains que : « si une pensée a le pouvoir de pénétrer dans notre cerveau, nous avons aussi le pouvoir de la chasser !!! »